Serra dos Orgãos

Rencontre du troisième type

Aujourd’hui, j’ignore pourquoi, mais je me sens pris d’une humeur statisticienne! Pour commencer, je veux vous donner mon avis sur ce qui en voyage fait le charme d’un endroit. Habituellement, c’est 50% pour les rencontres et 50% pour le lieu lui même. Concernant les rencontres, je les ai découpées en cinq catégories:

  • celles qui justifient votre départ. Si vous partez, c’est aussi ou surtout pour rencontrer, partager, discuter… Comme exemple, il y a cet étudiant colombien, en échange au Quebec et avec lequel vous aurez une discussion passionnante sur l’histoire et la gastronomie pendant les cinq heures de trajets qui vous séparent de votre prochaine étape. Comptez un bon 75% pour cette catégorie.
  • celles dont on se fout royalement. Il y a par exemple ce patron d’hostel qui semble n’avoir qu’une envie, vous voir partir… C’est bien 10% de la population.
  • celles dont on aimerait bien se passer. Je pense à cette nana, défoncée au crack, qui ressemble à ces zombies de walking dead et qui vient se servir à manger dans votre assiette. Pour être honnête, c’est moins de 1%.
  • celles qui n’arrive jamais. Comme le taxi que vous attendez depuis 30 min par exemple. Bin là c’est simple, c’est 0% des rencontres.
  • celles qui sont improbables. Ahhh, là c’est ma catégorie préférée. On y trouve par exemple ce malaisien de 60 kg qui s’amuse a attraper des grosses oies à main nue après deux verres de caïpirinha… C’est généralement avec ces gens que vous partagerez les meilleurs moments.

Pourquoi je vous parle de ça? Parce que les rencontres de mon premier jour au Serra dos Orgãos sont clairement à ranger dans la catégorie improbable.

Le matin, dans l’hostel de Teresopolis, je rencontre ces deux types qui me proposent de m’amener au parc, à quelques kilomètres de là. Première surprise, la voiture! Une coccinelle sans âge, empruntée à un de leur ami. Et pourtant, elle roule! Bon certes, il fallait passer la première pour les montées, certes il n’y avait plus de ceinture de sécurité, certes il fallait toucher à la batterie pour démarrer, mais au final, ça valait complètement le détour. Un vrai retour vers le passé avant de débuter la journée.
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Une fois arrivé dans le parc, on croise un mec clairement bizarre. Du genre, petit gros ahuri, qui ressemblait plus à un pécheur du dimanche qu’à un randonneur, avec une chemise trois fois trop grande pour lui et ayant la démarche de professeur Tournesol. Il discute avec les deux autres mecs, je chope deux-trois mots dans la conversation, puis tout s’explique. Il était là pour observer des OVNI!!!!

Non mais vous y croyez vous? Je viens pour profiter de la nature, admirer les paysages et faire du sport, et quelle est ma première rencontre dans le parc? Un chasseur d’OVNI. Normal.
Bref, passons.

Ensuite, on randonne tranquillement jusqu’à un point d’observation qui offre cette vue d’ensemble sur le parc.
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Puis, l’un des gars voit une planche en bois posée par terre, de l’autre côté de la barrière de sécurité. Bien sûr, il passe de l’autre côté, s’assoie dessus, les pieds balançant dans le vide, et ce que tout le monde attendait arrive, la planche glisse en avant… Grosse frayeur, le temps s’arrête, le brésilien aussi… Car heureusement pour lui, le vide, c’était moins d’un mètre avant que les plantes ne fassent office de filet de la dernière chance.
Mais bon, si les premières plantes ne l’avaient pas retenues, on aurait pu le retrouver bien plus bas…

La fin de la journée est plus calme, mais à mes yeux, tout autant insolite. On se trouve une petite cascade non loin de la voiture, puis les deux randonneurs vont chercher leurs guitares dans la coccinelle. Là, j’ai eu le plaisir d’assister à la composition de leur prochaine musique. Sympa comme spot pour chercher l’inspiration!
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Venons en maintenant au sujet de cet article, à savoir, quoi qu’on fait à Serra dos Orgãos!

Pourquoi aller au Serra dos Orgãos?

D’abord, tout comme Ilha Grande, le parc a l’énorme avantage d’être proche de Rio de Janeiro! En moins de deux heures de bus, vous êtes sur place! Ensuite, parce qu’en plus des divers promenades, c’est l’occasion de faire un des treks les plus sympa du Brésil, la traversée Petropolis-Teresopolis et d’avoir un point de vue unique sur Rio, loin des bruits de la ville et du flux incessant de touristes. Pas besoin de prendre un logement à Petropolis ou Teresopolis, tout peut s’organiser depuis Rio, en partant tôt de la ville et en commençant la traversée le jour même.

A la base, j’étais venu faire ce trek, mais j’en ai aussi profité pour faire l’escalade du « Dedo de Deus » (« Doigt de Dieu », voir deux photos au dessus).

Escalade

Concernant l’escalade, voici comment cela se passe:

  • 120 min de phase d’approche pour se rendre au pied de la voie
  • escalade
  • descente en rappel
  • retour par le même chemin d’approche

Bin le plus difficile, croyez-le ou non, c’était clairement la phase d’approche. Elle se compose de deux parties:

  • 40 min de montée intense sur un minuscule sentier bardé de racines et de roches. Il a bien fallu deux-trois pauses avant de finir cette partie là.
  • 40 min de mixte de randonnée et d’escalade. On doit grimper de gros rochers à l’aide de cordes ou de câbles, sans assurage la plus part du temps, frissons garantis! :)

Après ça, l’escalade peut vraiment commencer.
A choisir, si vous ne cherchez pas le challenge sportif, prenez la voie la plus facile! Elle comporte trois intérêts, elle est accessible à tous, ne manque pas d’originalité et vous passerez plus de temps en haut. La majeur partie se fait dans des cheminées. C’est un type d’escalade un peu déroutant quand on ne le connait pas, mais vraiment intéressant et théoriquement accessible au débutant. Bon, ça c’est ce que disent les guides pour vendre leurs tours, mais ça peut se faire lentement, en 4h pour les novices, 2h pour les habitués. Le plus dure étant un passage dans une grotte où il faut à la fois grimper tout en se glissant dans une autre cavité, pas simple à faire le mouvement… Une fois au sommet, la vue à 360° offre un panorama sur Rio, Teresopolis et ses environs!
Comme dirait un certain OSS 117, le jeu en vaut la chandelle Larmina.

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Ensuite, le retour n’est pas plus simple que l’aller. Tout la hauteur escaladée se descend en rappel par la voie qui a servie pour la première ascension. Si vous êtes intéressé, il y a ce petit film sur youtube qui explique très bien comment les pionniers se s’on débrouillé. Il est en portugais, mais les images suffisent à comprendre la difficulté de leur exploit, réalisé au début du siècle dernier. Puis vient toute l’approche à faire en sens inverse, les mêmes rochers à des escalader avec les mêmes cordes, le même chemin à descendre dans la nuit.

Pour ceux qui en auront l’occasion, voici les coordonnées de mon guide, comptez 500 R$ par personne pour la journée:
rennangmendes@gmail.com

Trek

Pour ce qui est du trek, il est habituellement conseillé de faire la traversée dans le sens Petropolis-Teresopolis, considéré comme plus simple. Je l’ai fait dans le sens inverse…
Non pas que je cherchai particulièrement la difficulté, mais plutôt que j’avais une forte l’envie de finir le trek à Petropolis, afin de profiter un peu de la ville, de visiter et surtout, de chercher la maison de mon grand-père paternel.:)

Le trek se découpe en 3 parties, chaque étape correspond à un jour de marche:

  • La montée sur le plateau. Comptez entre trois et cinq heures pour arriver au premier refuge. Pour moi, ça a été trois heures. Je suis (encore une fois) parti à la bourre… Je voulais commencer vers 9h, j’ai démarré à 12h… Donc le premier jour, je l’ai fait en marche forcée, ne prenant pas plus de 30 min de pause afin de m’assurer d’arriver de jour en haut…
  • Le plateau. Bon, plateau, c’est le mot que j’ai choisi pour désigner la partie du haut. Pour autant, on peut pas vraiment considérer que c’était plat… Il s’agit plus de traverser des petites vallées dont la hauteur varie  entre 2100 et 2300 m. Vous passez donc votre journée à monter-descendre. Cela prend entre 4 et 5 heure pour rejoindre le second refuge.
  • La descente. De même que la montée, elle n’est pas vraiment compliquée. trois-quatre heures suffisent à rejoindre le bas du parc.

Pour ce qui est de la difficulté, le trek est assez facile, peut se faire sans guide, mais il est préférable (comme toujours) de le faire à plusieurs.
La première et la deuxième phase étant assez courtes, on peut aisément faire la montée et le plateau en une grosse journée. De mon côté, j’ai eu la chance de rencontrer d’autres randonneurs à la fin du deuxième jour, je les ai suivi pour faire une seconde randonnée qui offre un point de vue inversé sur le doigt de Dieu.
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Le plateau peut être à la fois long, fatigant et dangereux.


Fatigant, car vous passerez la journée à monter-descendre dans les vallées. Dangereux car vous devrez escalader/des-escalader. C’est une des raisons qui peut laisse à penser que les sens Petropolis-Teresopolis est plus simple. Juste après le premier refuge, il faut des-escalader un rocher, les mouvements ne sont pas évidents (même dans le sens inverse, à escalader) et le vide n’est pas non plus très loin. Ce petit passage peut bloquer les personnes n’étant pas initiés aux sports de montagnes, ayant le vertige ou ne sachant pas du tout escalader. Sur la photo, on voit que les deux personnes utilisent une corde. Seul ou sans guide, il faudra compter sans.

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Ensuite, toujours sur le plateau, il y a cette échelle intégré à la roche. Cela dépend évidement du sens… Comme toujours, c’est plus simple de monter que de descendre! Un point de plus pour partir de Petropolis.
Dernière remarque pour le plateau, seul et sans guide, on peut s’y perdre. Le chemin est assez large, mais lorsqu’on traverse une plaque rocheuse, c’est un peu galère de retrouver le sentier. Pour ma part, je me suis perdu 1h sur les trois jours. Et n’oubliez pas que vous êtes en montagne! Le temps change rapidement, vous pouvez vous retrouvez le nez dans un nuage, à galérer pour retrouver votre route!

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Côté organisation, l’entrée du parc de Teresopolis est plus accessible que celle de Petropolis. Cela penche la balance un peu plus en faveur d’un départ de Petropolis. A vous de voir si vous préférez galérer le matin de la première journée plutôt qu’en fin de troisième journée, après plusieurs jours de marche. Puis, je ne saurais que trop vous conseiller de prendre de chauds vêtements. Les refuges n’en sont pas pour la chaleur!

J’ai dormi seul en dortoir, avec un duvet prévu pour dix degrés minimum, il en faisait zéro… Donc si vous ne voulez pas dormir comme moi, c’est à dire avec TOUS vos vêtements ( j’ai mis deux boxers, un caleçon de surcouche pour hivers, deux paires de chaussettes, un t-shirt à manche longue, deux T-shirt à manche courte, ma polaire, mon bonnet, mes gants de running, mon écharpe, mon imperméable), prenez un duvet chaut et dormez en tente! Il y en a au refuge, pas besoin d’amener la sienne.
Pour autant, il vaut mieux réserver le trek pour être sûr d’avoir de la place en refuge. Cela est faisable par internet ou à l’entrée du parc.

Pour se rendre à Serra dos Orgãos:

Comme indiqué précédemment, deux possibilités, Petropolis ou Teresopolis. Les bus sont très réguliers depuis la rodoviaria  Rio de Janeiro, pas besoin de réserver. Il en part un par heure, de 5h30 à minuit (par exemple, voir ici pour Petropolis). Un conseil, partez très tôt le matin. Le temps de trajet peut varier du simple au double à cause des embouteillage de Rio. Sans bouchon, une heure suffit. Comptez un peu plus de 20R$ par personne.

Pour partir de Serra dos Orgãos:

Pour faire simple, les bus qui partent à Petropolis ou Teresopolis retournent à Rio de Janeiro. Donc de même, les bus sont réguliers et les prix équivalents.

Où dormir à Serra dos Orgãos:

J’ai dormi au HI hostel de Teresopolis. La nuit est à 40R$, l’hostel est un peu excentré du centre ville et en hauteur. Et surtout, j’ai mis 1 heure à le trouver, en pleine nuit :). Heureusement, la ville est sûre, de nuit, vous ne risquez pas grand chose.
Vous pouvez laissez des affaires à l’hostel le temps de faire le trek.

 

Pour résumer, si vous êtes à Rio et que vous n’avez pas trop de temps, faites le en deux jours. Partez tôt de Rio, commencez le trek à Petropolis. La première journée, faites juste la montée, dormez une nuit en tente, puis le lendemain levez vous à 6h30 pour faire le plateau, la descente et rentrer tranquille à Rio.

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  1. tonton touraille /

    excellente cette petite escalade sur le doigt de dieu !!
    ça m’a l’air très sympa ce trek avec des portions en via Ferrata. le paysage est grandiose

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